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  • Aquarellemagnanerie

Quelques nouvelles septembre 2019

 

De mille manières, nombreux sont les hommes qui échappent instinctivement à ce doute afin de ne pas connaître la désespérance absolue qui, si elle atteignait leurs racines, leur rendrait la vie cruelle, absurde, impossible ! Nombreux sont ceux qui, au nom de quelque religion se bornent à s’évader dans des rêves de parousie ou à s’absorber dans des visions apocalyptiques, rêves ou visions qui les fascinent et les hypnotisent par leur caractère extrême !

Certes, bien mieux que ce que chacun peut faire et qui est finalement si peu et si précaire, vivre vrai avec soi, vivre vrai avec autrui, finalement n’être devant soi et devant autrui que ce que l’on est, sans masque, sans personnage, tous ces comportements, même si l’homme ne réussit à les tenir que de façon fort imparfaite, ne constituent-ils pas pour lui sa seule grandeur ?

Quelle autre grandeur l’homme pourrait-il opposer aujourd’hui à ce Monde, dont il découvre de plus en plus la stabilité fondamentale et la diversité sans mesure dans un espace sans limites et au long d’un temps sans commencement ni fin ? Cette grandeur n’est-elle pas son unique recours pour qu’il ne se sente pas irrémédiablement englouti  dans l’immensité de l’Univers, enseveli au point d’y être perdu. Lui, homme errant au milieu de la multitude innombrable des vivants, issu du Monde de la matière comme par une effraction de la nécessité, comme d’un affront au hasard, comme grâce à une inattention de l’impossible !

Que resterait-il de proprement humain dans un être qui, afin de survivre dans ce Monde inconcevable où il a été jeté, en viendrait à s’enfuir dans les rêveries de l’imagination et dans les arguties de l’esprit, si grâce à ses chimères et à ses sophismes il arrivait à s’évader du réel pour se garder d’avoir à se mesurer avec lui par la pensée ?