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Actualités

Edito mai 2019

   « DECOUVRE QUEL SILENCE T'ENVELOPPE... »

  Parfois mes méditations d'hiver me poussent sur un versant mélancolique, m'amenant à me

 faire à moi-même quelque aveu brutal. Ainsi, par exemple, je me dis que de Marcel Légaut, ne

  l'ayant pas rencontré  de vivo  je ne connais avant tout, au plus profond de moi, que l'absence et le

 silence  (le sien,le mien), même si je « fréquente » nombre de ses amis et compagnons d'aventure

 (Aventure), ou qu'il m'arrive de le « rencontrer » dans les écrits qu'il nous a laissés. Dans leur

  lecture.          

 Et pourtant, me dis-je aussi, grâce au dynamisme de certains d'entre nous, nous avons

 toujours à notre disposition de fort nombreux documents de Marcel Légaut  (textes, ou

 conversations retranscrites), et ceux-ci n'attendent que leurs lecteurs, comme une présence

 bienveillante de leur auteur, une invitation à entrer dans la réflexion qu'il a longuement soutenue, et

 à la prolonger par la nôtre propre, au fil de la vie. Dans ce contexte où nous nous inscrivons, nous

 Association culturelle Marcel Légaut, nous privilégions la parole échangée entre nous, la

 « rencontre » qui permet de « se dire ». Etant moi-même engagée dans cette démarche, et mon

 édito vient en témoigner, d'où me vient alors ce mouvement « antagoniste » que je ressens, que je

 pourrais résumer ainsi : plutôt que présence et parole, plutôt silence et absence ? Pourquoi tant

 m'attrister ?

 Est-ce qu'il me manquerait quelque chose, un je ne sais quoi que je n'aurai (peut-être) pas

 (encore) atteint d'aventure … ? Alors, en écrivant ces mots m'est venue une idée, celle de

 « m'adresser » à Marcel Légaut malgré tout, aujourd'hui-même, non, pas idée, mais nécessité.

 MAIS enfin qui êtes-vous donc, là, Marcel Légaut ? Qu'auriez-vous eu envie de me dire,  si nous nous étions connus ? 

M'auriez-vous dit quelque chose, à moi, personnellement ? Quelque chose dont je me souviendrais encore, un peu comme un dépôt « sacré »,

ou bien comme un appel à faire fructifier un talent que vous m'auriez fait entrevoir, tâche à laquelle je me serais ou

 non employée depuis, ou bien, tout autrement, comme une confirmation de mon être profond, ou

 encore, comme un « choc » de vie qui amène à tout repenser ?

 MAIS si cela était votre présence, surtout, voire votre silence, qui m'aurait fait signe ?

 Car vous seriez peut-être resté simplement silencieux ?  D'un silence « habité » (j'entends, si l'on peut dire) et peut-être bien plus long qu'une phrase de 12 lignes...

D'un silence « partagé », en présence de, « entre »... D'un silence qui par lui-même « parlerait » parce que partagé, ou qui tout simplement me ferait me tenir

en deçà de toute parole, ou au delà... ?

 Silence qui se jouerait du temps, où percerait malgré tout une présence, l'absence serait rendue « légère » ? 

Et ce serait comme un matin de printemps ce travail du silence qui serait à l'œuvre et accompagnerait, en le précédant, le « travail de la foi » lui-même ...

                                                                              Anne Seval

 

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