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Actualités

Quelques nouvelles juillet - août 2018

 L’INTELLIGENCE DE SA MORT

 

L’homme à la recherche de son humanité. Aubier- ChIV- p 68, 69, 70.

 L’amour et la paternité permettent à l’homme de découvrir en lui une réalité qui ne peut pas être détruite.

    A mesure que l’homme correspond avec fidélité à ce  que l’amour et la paternité lui demandent, et qu’il prend mieux conscience de ce qu’ils lui ont donné de vivre avec force et profondeur, il cerne de plus près la mort dans son mystère. Il est conduit à dépasser les apparences de son intégrale destruction.

   SoleilnuageA Quand l’époux ou le père à l’âge de la maturité s’efforce de comprendre sa vie, il découvre mieux que jamais le rôle original de l’amour et de la paternité. Grâce à eux, il s’est approché de l’être des siens, et cela quelquefois sous une lumière de transfiguration, si fugitive soit-elle. Ne conserve -t-il pas intact en lui, chaque fois qu’il sait le ressaisir, tel regard, tel sourire, telle parole, tel silence, où celui qu’on aime s’est exprimé tout entier sans le savoir. Quelles résonances puissantes ces signes n’ont-ils pas fait naître jadis, pour que leurs échos se perpétuent ainsi sans s’amortir, s’il y veille avec amour! Le temps peux enfouir ces instants de transparence, mais non les détruire en celui qui les a connus. Il n’est pas d’oubli qui puisse effacer  définitivement leurs traces et faire qu’ils n’aient pas été. Mais avec la complicité de la mémoire, si l’homme n’en est plus digne, il peut ne faire aucun cas de ces souvenirs, n’en retenir qu’une caricature et même les blasphémer.

 

 

               Dans l’homme conscient de lui-même et fidèle à ce qu’il a vécu, ces relations singulières n’ont pas laissé seulement des traces plus puissantes que les autres événements. La mémoire n’est pas la seule cause de leur présence active. Les détails qu’elle conserve sont souvent matériellement trop pauvres pour investir quiconque à ce point. Ces reliques d’un passé qui lui est cher, l’homme ne les sépare pas de l’être aimé, parfois disparu depuis longtemps, seule véritable origine de ce qu’elles représentent pour lui. C’est l’être aimé qui leur donne leur aura.

 

               Le souvenir de ces relations et même de ces signes brefs comme des éclairs, n’est pas seulement pour l’homme l’occasion de se rappeler le passage de tel vivant dans sa solitude, il «incante » en lui la présence de cet être. Il est pour lui un véritable aliment spirituel qui nourrit sa communion avec ce vivant bien plus que le moyen quelque peu artificiel d’en évoquer simplement la mémoire.

 

               Il est capital pour l’homme de cultiver ainsi par l’activité du souvenir la fidélité à ce qui désormais fait essentiellement partie de ce qu’il est. Son amour conjugal et son amour paternel ne peuvent pas subsister de façon authentique s’ils ne se nourrissent pas de ces prises de conscience aiguës. Celles-ci sont toujours disponibles et appelantes quand l’homme satisfait aux conditions requises pour les conserver vivantes et pour en réaliser encore davantage la portée et l’originalité. Transcendant l’usure et le temps, elles se revêtent à ses yeux de consistance et de durée. Elles lui rendent indirectement perceptibles sa propre consistance et sa propre durée.