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Bienvenue

imagebienvenueL’Association Culturelle Marcel Légaut a pour mission de transmettre la pensée de  Marcel Légaut, un spirituel pour notre temps. Marcel Légaut (1900-1990), dont la particularité était d’associer la recherche spirituelle avec la vie communautaire.

Poursuivant cette approche, nous proposons chaque année des rencontres à la Magnanerie, située dans le village perché de Mirmande (Drôme).

L’œuvre de Marcel Légaut, habitée par une exigence d’authenticité humaine permet d’approcher les questions de l’existence que chacun se pose à un moment de sa vie.

    Edito Décembre 2018

     Variations sur « lire, écrire et penser »

     

            Il aura tenu la plume jusqu’à ce qu’elle lui tombe des mains ;  ce qui survint dans la gare des bus, en Avignon, au retour d’ultimes  rencontres en Suisse. Trente ans déjà ! C’était hier. 

     

          La page « Pourquoi écrire ? », annexée à la fin de son dernier ouvrage,  Vie spirituelle et modernité, témoigne de cette détermination, qu’il eût nommée « persévérance ».

     Ce 6 novembre 1990, en effet, il lui fallait encore un an pour parachever l’ensemble. Incertain du lendemain, il m’avait dit en septembre : « Vous le publierez  ». De quoi s’agissait-il dans ce livre ? De rencontrer le « malaise » de  nombre d’adultes chrétiens. 

           Au CotMLTHrseNBMêlée aux liasses du manuscrit  qui me furent remises en ces jours, cette page était-elle un   projet de préface ou bien de postface ?  Avec cette esquisse en forme de  variations et fugue sur  «  lire, dire, écrire et penser » – l’auteur  revenait au thème central de   l’œuvre de sa vie : la foi, « pierre angulaire de notre humanité ». (voir L’homme à la recherche de son humanité,  chap. 1)

           Mystérieux feuillet où l’auteur manifeste comment se négocie l’élan vers le « mieux penser ». Des  jugements stricts, tempérés, délimités en quelques mots tels -  « peu, parfois, beaucoup », « souvent, pas à toute heure », signent un choix fondamental. Comme il  l’écrivait jadis dans une lettre à G. Thibon,  sa pensée n’est pas binaire (0/1 ou bien, vrai/faux), mais soumise à nuances et gradation. Non par virtuosité littéraire – « le pinceau chinois », que croyait pouvoir admirer  le  père F. Varillon,  mais  plutôt par  recherche  d’authenticité. 

     

           Lire peu et vraiment. Ne pas se soustraire à l’appel qui monte de certains  textes. Ecrire, moins pour progresser dans la découverte, que pour ne pas reculer devant le risque des mises en question.  Il y faut une liberté et un courage  qu’il  nomme « l’énergie qui nous fait penser ». La formule est superbe… Car ce qui se donne à penser ici, c’est la foi, au sens où lui l’entend, celle qui prend toute la vie.

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    Quelques nouvelles Décembre 2018

    L’INTELLIGENCE DE SA MORT

     

    L’homme à la recherche de son humanité - ChIV :  p 76,77. Aubier

     

     L’activité du souvenir transcende la mémoire (partie 1).

                    Se souvenir est beaucoup actif et synthétique que se rappeler. Dans l’un et l’autre cas, la mémoire intervient. Elle fonctionne avec ses mécanismes propres et reçoit l’aide de tout ce qui les favorise pour tirer de l’oubli ce qu’elle a enregistré dans ses archives. Elle ne fournit cependant que la matière sur laquelle oeuvre l’activité spirituelle du souvenir.

                    RacinesSquoiaLe souvenir en effet n’est pas seulement le rappel aussi exact que possible par la pensée et le sentiment d’une situation antérieure. Il est un alliage où se fondent à la fois ce qu’on a vécu jadis, ce qu’on a vécu depuis, ce qu’on est maintenant. Il n’est donc pas objectif comme la relation impersonnelle d’un fait historique quoiqu’il ne renie en rien en ce que la mémoire lui fournit. Aussi, le souvenir d’un événement passé évolue-t-il avec celui qui se souvient sans que soient nullement mise en cause l’exactitude de la mémoire et  la sincérité. Il s’approfondit ou au contraire se dissipe avec l’homme.

     

                    Il est des souvenirs dont l’homme n’est plus capable parce qu’il n’en est plus digne. Quant l’être est impuissant à conserver certains événements de son passé parce qu’il ne peut plus leur donner une qualité humaine compatible avec ce qu’il est devenu, sa mémoire ira jusqu’à les refouler instinctivement au-delà de son horizon; son souvenir les déformera pour les rendre plus conformes à son état présent. Inversement, des faits ou des états passés, longuement frappés d’interdit ou seulement négligés, parfois même jamais remarqués, enfouis dans leur contexte d’origine, apparaissent quand l’homme se trouve dans une situation spirituelle lui permettant de vraiment les saisir dans leur profondeur à leur véritable niveau, et de les faire siens.

     

                    Mieux un être a pris possession de son humanité, moins sa mémoire se montre rétive. Aérienne, et comme libérée de secrètes entraves, elle s’ouvre sans réserve à l’activité du souvenir. Ses matériaux l’appellent les uns les autres,  se donnant mutuellement appui pour revenir à la lumière, non pas tellement par le mécanisme de l’association des idées que grâce à la cohérence interne qui les unit.

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