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Bienvenue

imagebienvenueL’Association Culturelle Marcel Légaut a pour mission de transmettre la pensée de  Marcel Légaut, un spirituel pour notre temps. Marcel Légaut (1900-1990), dont la particularité était d’associer la recherche spirituelle avec la vie communautaire.

Poursuivant cette approche, nous proposons chaque année des rencontres à la Magnanerie, située dans le village perché de Mirmande (Drôme).

L’œuvre de Marcel Légaut, habitée par une exigence d’authenticité humaine permet d’approcher les questions de l’existence que chacun se pose à un moment de sa vie.

Claude Challandes, Membre du C.A. de l'A.C.M.L...

Claude, tu nous as quittés brutalement ce 11 novembre 2020, vaincu par le Covid, à l'âge de 83 ans. Nous sommes désemparés.

Elu au C.A. de l'A.C.M.L. à Pâques 2013, tu trouves rapidement ta place dans l'équipe en créant la structure  de notre site Internet, et en assurant l'animation… Quelques années plus tard, tu prends le relais d’Antoine Girin pour Quelques Nouvelles.

Tu  deviens en peu de temps notre référent pour les questions touchant à la communication numérique, les évolutions du site, le stockage des données, faisant appel, le cas échéant à ton réseau compétent et sûr. Avec Paul Roux, vous  mettez sur pied l'exposition photos qui doit être présentée cet automne à la Médiathèque Diocésaine de Valence.

Par ailleurs,  très attaché à ce qui se joue à la Magnanerie, tu t'impliques avec Catherine, dans l'ouverture et la fermeture de la maison, dans l'organisation matérielle des séjours, dans l'intendance…etc... A la librairie, tes  cartes postales et tes recueils de citations et de photos sont  régulièrement en rupture de stock. Si tu  décores les chambres de tes  photos si caractéristiques, tu songes aussi à chauffer la maison en offrant à  l'A.C.M.L. le poêle à bois  de la grande pièce  et la  nouvelle chaudière, installée cet hiver dont tu ne  profiteras pas. Ton optimisme, ta jeunesse d'esprit nous encourageaient à poursuivre cette aventure communautaire et spirituelle.

Tu  avais trouvé à la Magnanerie un écho de ta propre quête et contribué à ta manière ''au labeur immense'' dont parle Légaut.

Au delà de celui que tu étais pour nous, ton absence nous révèle déjà le poids de ce que tu faisais, l'importance de tes compétences et nous alerte, une fois de plus, sur la fragilité de notre association.

Merci à Françoise de prendre ton relais pour ce numéro de Q.N.

Francis Bonnefous, pour le C.A. de l' A.C.M.L.

Edito décembre 2020

PATIENCE ET PASSION

Juste et belle, l’alliance de ces termes choisis pour revisiter à deux voix l’aventure spirituelle, encore inachevée, d’une vie, d’une spiritualité, d’une appartenance à l’Eglise.

« Patience et passion d’un croyant » (1976).  Bernard Feillet séjourna une semaine aux Granges de Lesches, pour s’entretenir avec Marcel Légaut. Il en tira ce livre, plusieurs fois réédité. Plus tard, Légaut se présenta lui-même comme « chrétien du XXe siècle ».

Le titre le plus inspirant fut peut-être celui que Bernard Feillet proposa pour le dernier ouvrage de Légaut : « Un homme de foi et son Eglise ». Hélas ! ce livre était le résidu d’un long entretien avec un pasteur de Genève au sujet du Concile Vatican II et de la problématique du changement. Le projet subit quelques tourments.

La patience fut dans l’existence de Légaut une vertu au long cours, tenace, persévérante à travers les temps et les lieux, et surtout fidèle. La passion, feu secret, insaisissable, joie et douleur. Elles font la grandeur de l’être, de l’âme.

Sans cesse ?

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Quelques nouvelles décembre 2020

L’ECHEC

Topo de Marcel Légaut du 1er août 1961 :  extrait n°9 (Il s’agit du dernier de la série). 

ATTEINDRE LA SÉRÉNITÉ

Une question se pose pour terminer : comment atteindre cette sérénité dans le dénuement qui est indispensable pour que ce dénuement soit perçu de façon suffisamment  continu  et  ainsi  soit  présent dans sa vie ?

Je crois que ça correspond à une troisième étape  du  développement  de  l'homme.  Nous  avons  parlé de deux étapes, indépendamment de la vocation singulière qui se trouve être un peu à côté : la découverte de l'amour et celle de la paternité. La troisième étape et la dernière, c'est la découverte de la mort. Du moment où la mort commence à devenir réelle, non pas la mort de l’autre ni la mort en général sur un plan philosophique mais sa propre mort, non pas la mort de soi que l'on considère comme l'autre (par exemple qui d'entre nous n’a pas rêvé un jour d'assister à son enterrement). La mort, sa mort à soi, c'est au moment où ça commence à devenir réel, alors les dispositions intérieures de l'homme sont telles qu’il peut porter dans une certaine sérénité la vision de ses échecs. Tant qu'il n’a pas découvert qu’il est mortel, qu'il va mourir, l’homme n'est pas encore suffisamment adulte pour correspondre à la lumière  qu'il doit pouvoir porter sur les échecs de base de son existence.

Le troisième développement : l'homme conscient de sa propre mort. C'est au moment où il  commence à être conscient de sa propre mort véritable, possible, prochaine ou éloignée mais  certaine, qu'il est capable de pouvoir entrer ordinairement dans la vision de son échec sans en être écrasé, dénaturé, démoralisé... 

C’est pourquoi il n'y a pas  d'être  plus  capable  d'une  communion spirituelle par le dedans que celui qui est proche de sa mort et qui parle à ceux qui l'entourent. Je connais des personnes qui étaient pratiquement  sans  communication  spirituelle  réelle avec aucun autre et qui, au moment de leur mort, en disant par exemple : "Réconciliez- vous", ont mis dans cette simple parole une autorité qu'ils n’auraient jamais eue s'ils étaient bien portants. C'est au maximum du dénuement que l'homme possède le maximum de puissance spirituelle. C'est plus il est pauvre qu'il est riche de dons et qu'il est capable de donner. Celui qui s’approche de la mort est dans le dénuement parfait qui lui permet de dire des choses qu'il n’aurait jamais osé dire, qu'il n'aurait pas été capable de dire en pleine vie.

Extrait de l’échange du  topo du 1er août 1961 où Xavier Huot ne mentionne que les réponses de Marcel Légaut (pour l’intégralité du texte,  se reporter à « Topo des Granges de Lesches », étés 1958 à 1961).

Il faut dépasser le stade d'avoir des réponses à toutes les questions. L'adulte vit plus de questions que de réponses. L'enfant se nourrit surtout de réponses mais l’adulte doit savoir se nourrir de questions.

La nécessité de prendre conscience de l'échec permet éventuellement, si on n'en est pas totalement écrasé, de le rendre "providentiel". La prise de conscience est un premier acte de dignité humaine. Celui qui se refuse à en prendre conscience tourne le dos à sa grandeur.