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Bienvenue

imagebienvenueL’Association Culturelle Marcel Légaut a pour mission de transmettre la pensée de  Marcel Légaut, un spirituel pour notre temps. Marcel Légaut (1900-1990), dont la particularité était d’associer la recherche spirituelle avec la vie communautaire.

Poursuivant cette approche, nous proposons chaque année des rencontres à la Magnanerie, située dans le village perché de Mirmande (Drôme).

L’œuvre de Marcel Légaut, habitée par une exigence d’authenticité humaine permet d’approcher les questions de l’existence que chacun se pose à un moment de sa vie.

Nouvelle section: Histoire

icone histoireEn 2025, le groupe Légaut fêtera ses cent ans. Dans le projet qui se prépare à ce sujet, l’histoire joue un rôle, à commencer par la réponse à donner sur le fait même de cette continuité dans un contexte ecclésial marqué moins par le souci de recherche que par le souci d’orthodoxie. Et des travaux préliminaires, inachevés mais déjà avancés, existent, en particulier des biographies de membres du groupe Légaut.
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Edito Mai 2022

Pour aimer...

Il y a quelques mois, suite à une invitation, j’avais pensé proposer pour Quelques Nouvelles un texte de Philippe Mac Leod qui commençait ainsi : « Il faut être seul pour aimer...» mais devant ce(e affirmation déroutante, j’avais renoncé, alors que dans la suite du texte l’auteur développait (poétiquement) son propos, et celui-ci apparaissait bien moins paradoxal qu’il n’y semblait au premier abord. Quels aléas ce texte aurait-t-il rencontré en chemin, le tout est qu’il n’est donc jamais paru. Résignation, puis oubli ont été mon lot. À moins qu’une interrogation latente sur le sort de ce qui « disparaît » avant de voir le jour, ou avant que quelque chose ne vienne au jour, peut-être, n’ait sous-tendu ma méditation, ou ne m’ait « travaillée » en arrière-plan... ?

En effet, la question plus large ou « profonde » des soubassements de toute entreprise humaine un peu conséquente était un fil que je m’étais donné... pour cet édito de mai... Qui n’a jamais flâné, simple passant dans une rue de sa ville, guettant aux abords d’une palissade bien fermée aux regards, clôturant un terrain, pour tenter d’apercevoir quand même et avant l’heure quelque aspect de l’édifice à venir, promis par l’affichage, bien avant de savoir ce qu’il « donnerait » dans le paysage jusque là familier de son quartier, et comment il le transformerait ultérieurement ?

Car - nous savons bien mais il nous faut vérifier quand même de temps à autre parce que ça ne se voit pas - à tout édifice il faut des bases solides, des fondations porteuses puissantes sous les murs eux-mêmes (ou les piliers des cathédrales), fondations calculées à partir d’une connaissance très ajustée du terrain sur lequel elles vont s’appuyer, puis un travail de déblaiement, de forage, de soutènement, etc, pour installer ensuite un « sous-œuvre » (je ne sais pas si c’est le mot juste) indispensable, long à aménager, et qui deviendra parfaitement invisible une fois l’édifice lui-même achevé...

À ce moment de ma « déambulation » mentale devant ce(e palissade, mes lectures m’ont amenée à un livre de Thomas Merton, dont la traduction française est « Nul n’est une île », livre paru dans les années 50, donc possiblement venu à la connaissance de Marcel Légaut, me disais-je. Durant ces moments de lecture personnelle, un peu « perlée », ou en survol, des mots m’ont fait comme « signe », et la démarche de Marcel Légaut m’a été très présente, j’allais jusqu’à l’imaginer lisant ce livre, ou le parcourant, ou lisant certains passages préférentiellement, un peu comme je fais actuellement peut-être, puis reprenant ensuite quelques idées ou formulations à son compte, ou plus probablement s’appuyant sur certains propos de l’auteur pour les « prolonger » alors dans une perspective que nous pourrions nommer « légautienne » et qui se dégagerait peu à peu...

Je voyais là possiblement des bases et des soubassements profonds d’une pensée s’appuyant sur une autre et s’élevant seule à partir de celle-ci...

Alors, j’ai retrouvé, sans l’avoir cherché, le thème « perdu » de la solitude, dans les réflexions de Thomas Merton vers la fin de son livre, dans un chapitre consacré au « Recueillement » (tiens donc!). L’auteur y évoque entre autres propos la « solitude de Dieu » que nous pourrions découvrir quand nous nous recueillons : nous pourrions dans notre recueillement peut-être découvrir « l’infinie solitude de Dieu en nous », dit Merton, qui nous met en garde: si nous ne pouvons entrer dans cette expérience nous ne pourrons rencontrer véritablement les autres... Je ne sais pour vous qui me lisez, mais pour moi, je n’avais jamais pensé à cela : la solitude de Dieu, et encore moins à l’infini de cette solitude, qui est son ouverture radicale... Ma solitude, ainsi que celle des autres certes je les pense, mais celle d’un dieu ? alors qu’en le disant maintenant, cela peut paraître évident. Et l’expérience de cette solitude nous ouvrirait « l’amitié invisible de Dieu ». Quelle belle base !

Mais que disait donc Philippe Mac Leod au fait ? « Il faut être seul pour aimer. Seul avec la terre et le ciel. Avec ce qui tient tout ensemble. Avec les soirs qui tombent. Les soirs lents et profonds qui font le monde si large autour de nous... »

Anne Seval

Quelques nouvelles Mai 2022

Pourquoi je suis resté catholique ? (fin)

Tout à l'heure, je vous ai dit que l'Église ne supporte pas facilement les gens qui ont beaucoup de caractère et qui, même s'ils sont vraiment spirituels, tiennent des propos ou bien ont des initiatives qui ne correspondent pas aux directives épiscopales ou papales. Il n'y en a pas beaucoup.

Je ne suis qu'un simple laïc. Alors, il est beaucoup pardonné aux simples laïcs, mais c'est une raison pour laquelle on peut pécher, ou il faut pécher. Beaucoup de ceux qui sont dedans, parce qu'ils sont particulièrement a(entifs à ce qui se passe dans l'Église, et qu'ils en souffrent, ou bien qu'ils ont des situations où ils sont en porte-à-faux sur ce qu'ils vivent parce que ce qu'ils disent ou ce qu'ils font n'est pas en correspondance avec ce qu'ils sont, d'une manière ou d'une autre, à pas feutrés, ils disparaissent. Je ne veux pas du tout leur lancer la pierre. Je pense que, contrairement à ce qu'on dit, dans le sens de ce que je vous disais tout à l'heure, que certains d'entre eux devraient avoir ou peut-être pourraient avoir la mission de rester dedans jusqu'au bout, sachant très bien qu'ils seront vaincus mais c'est de cette façon, en étant vaincus, qu'ils apportent à l'Église ce qu'elle ne veut pas recevoir, laquelle je dirais accueillera lorsqu'elle sera maîtresse de sa propre décision.

D'une façon très générale, on ne reçoit que d'un plus pauvre que soi. Il faut une certaine pauvreté sous la forme d'échec ou d'une marginalisation pour que l'Église puisse nous recevoir. C'est pour cela qu'un simple laïc peut le faire à condition qu'il passe par la porte étroite du sacrifice de sa propre vie. Alors tous les autres qui s'en vont à pas feutrés, ça fait une énorme assemblée. Nous rencontrons constamment des gens qui ont une vie spirituelle profonde, qui croient vraiment, ça les marque dans leur vie, et dans une certaine mesure ne pratiquent pas. Tout cet ensemble est en train de grandir d'une façon très importante parce que nous sommes dans une période religieuse, vu que l'instabilité de la société dans laquelle nous vivons, nous oblige d'une manière ou d'une autre à nous poser des questions fondamentales, comme celle que je vous disais tout à l'heure : pourquoi est-ce que je suis resté ? Et ceux qui se posent ces questions, il y en a quelques-uns qui y échappent, mais d'autres, ça les pousse à un développement spirituel qu'ils n'auraient peut-être pas eu dans des conditions plus ordinaires.

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Le père Portal, son historien et Marcel Légaut

En juin 1985, les éditions du Cerf publient le maître-œuvre de Régis Ladous, Monsieur Portal et les siens (1855-1926), avec une préface d’Émile Poulat. Un de ses lecteurs fut, on s’en doute, Marcel Légaut, fils spirituel de ce personnage hors normes. De Mirmande, le 1er octobre 1986, part cette lettre de Légaut à Ladous, historien à l’université de Lyon.

Cher Monsieur,

Je viens de relire à fond votre grand livre Monsieur Portal et les siens. Je suis poussé à vous en remercier une nouvelle fois. Vous avez admirablement tracé l’évolution de Portal, dont je n’ai connu personnellement de lui que l’aboutissement. Je la comprends mieux maintenant. J’en vois mieux l’originalité à l’époque. Elle m’aide à mieux entrevoir la mienne, et au-delà ce qui se prépare sous les confusions du présent.

Le passage de l’intransigeance de défense, puis celle de conquête à un œcuménisme qui peu à peu arrive à englober toutes les confessions chrétiennes, même celles qui jusqu’à nos jours ne sont pas encore reconnues comme Églises.


Cet universalisme catholique est gros pour toutes les Églises d’une mutation dont il est difficile de mesurer l’importance. Aussi bien a-t-il été condamné par l’Église romaine au temps où il commençait à se faire jour. Celle-ci a bien compris que cela mettait en question son intransigeance doctrinale et structurale. Sans doute est-ce sur ce dernier point que Portal a été le plus prudent. Comme vous le dites à la page 294, sans d’ailleurs y insister. Portal semble ne pas vouloir savoir ce qu’est la crise moderniste, il affecte de l’ignorer. Cependant, bien qu’en 1925-26 j’étais tout à fait incapable de saisir l’importance des questions alors soulevées, je pense que la critique moderniste de l’époque était très présente à l’esprit de Portal, sans que d’ailleurs il ait été en mesure d’en prévoir toute l’importance, tous les développements futurs qu’il limitait finalement aux perspectives œcuméniques. Il m’en a parlé avec prudence et sans insister, mais j’ai été marqué définitivement par le climat qui se dégageait de tout ce que Portal disait aux talas, et sans doute beaucoup plus que nombre de ses auditeurs…

C’est à ce niveau qu’il faut placer la rupture, demeurée secrète mais dont Portal m’a fait part, entre lui et Jacques Chevalier, en 1908 lors de la destitution dont il fut victime. Chevalier lui aurait dit, d’après ce que m’a rapporté Portal, que nul n’était indispensable… Ce que Portal n’ignorait pas mais qu’il aurait préféré entendre d’un autre que de celui qui avait été jusqu’alors un collaborateur sur lequel il comptait. Chevalier, comme Blondel, et peut-être plus que lui, du même milieu de la bourgeoisie, ne voulaient pas regarder en face, en dépit de leur grande culture, des problèmes qui auraient gravement mis en question, non pas tellement leur foi que leur marque sociale. Chevalier en est ainsi arrivé à suspecter l’orthodoxie de Portal, comme le fit le père Dieuzayde lorsque celui-ci tentait d’attirer à lui quelques normaliens. C’est pourquoi, lors de l’arrivée de Jean Guitton à l’École Normale, Chevalier l’a orienté sur Pouget et non sur Portal, qui s’en est plaint à moi. Il est certain aussi que l’amitié profonde que Portal avait pour Édouard Le Roy est aussi à l’origine de la pensée, plus intuitive que réfléchie, de Portal, bien qu’il s’en soit défendu en s’affirmant non spécialiste en ces questions de philosophie… Tout cela est de la petite histoire. Celle-ci explique le présent. Votre livre est une excellente préparation à comprendre l’avenir qui approche, sous-jacent à tout ce qui s’efforce d’être un retour au passé.

Merci encore. Veuillez croire, je vous prie, à mes sentiments les meilleurs – et particulièrement reconnaissants.

M.L.

 

Et si, en 2021, nous relisons ces lignes d’une lettre du Père Portal du 7 juin 1908 à Lord Halifax , apparemment poussiéreuses, nous frappent ces éléments d’un échec apparent :

« Tandis que Merry del Val et ses amis vont jouir de leur triomphe et de mon humiliation, moi je vais travailler plus efficacement que jamais, dans l’ombre, dans le silence, en deux ou trois petits cénacles, à former pour l’Église les apôtres de demain, des ouvriers et des ouvrières capables de comprendre les temps nouveaux. Je suis très content de ce qui arrive. »

Avec Rudolf Roth  (1936-2021) : entre Taizé, les Granges, Notre-Dame de Grâce, Le Coët, Mirmande ou Altenstadt (RFA)

Né dans une famille luthérienne le 27 avril 1936, Rudolf Roth se convertit au catholicisme à 21 ans, le 18 avril 1957. Il fait ses études de théologie à Mayence et à Paris et est ordonné prêtre en 1963. Influencé par le concile Vatican II (1962-1965), il acquiert une importante expérience pastorale en tant qu’aumônier à Neu-Isenburg, Offenbach, Bingen et Giessen. Puis il fonde une communauté de prêtres à Heppenheim. Il effectue une année sabbatique à Paris, dans la communauté monastique de Jérusalem, tout en poursuivant des études à l’Institut Catholique de Paris en 1983. Prêtre à Dietzenbach de 1984 à 1992, il devient aumônier en clinique et en maison de retraite, avant de décéder d’un cancer en 2021 . Dans ses écrits en annexe, on trouve des éléments d’ancrage de sa spiritualité : Taizé, le Carmel de Mazille, l’action de sœur Élisabeth Riboulon et les Granges. Au Limeshof à Altenstadt où il réside avec Monika Reisen, leur maison était ouverte aux groupes spirituels et aux cercles bibliques, et il était présent aux congrès d’établissement de formation des Bénédictines évangéliques.

Un texte d’août 2009 décrit la petite communauté de base à Altenstadt :

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Souscription

Marcel Légaut. Historique du groupe Légaut (1925 – 1962).

Édition annotée par Dominique Lerch, Mirmande, 2021.

Marcel Légaut a porté en lui le rêve d’une communauté, et le « conférencier mondain » mort en Avignon en 1990 revenait d’une conférence donnée à l’un de ces nombreux « groupes » dont il alimentait la réflexion. En 1962, il a éprouvé la nécessité de faire l’historique du groupe Légaut ; ce groupe à la fois parisien un temps, auvergnat, drômois : Chadefaud-Scourdois, Les Granges de Lesches en Diois, Mirmande. Cette analyse faite devant des « piliers » du groupe, les Masson et les Ehrhard, était discrètement disponible à Mirmande, à la Magnanerie, où les rencontres se tiennent chaque été depuis 1967. Durant plusieurs étés, un petit groupe autour d’Anne et Dominique Lerch a cherché à rendre ce texte compréhensible en le situant dans les courants de la recherche historique actuelle. Francis Bonnefous le préface, invitant le lecteur à continuer à saisir l’originalité d’un tel groupe. Étienne Fouilloux conclut en qualifiant ce texte de pièce maîtresse pour une véritable histoire du groupe Légaut, groupe qu’il convient d’insérer dans une véritable renaissance, durant l’entre-deux-guerres, d’une intelligentsia catholique avec différents pôles en tension.

Afin de déterminer le tirage d’une édition réalisée par l’ACML, vous pouvez souscrire à ce document d’une centaine de pages avec une vingtaine d’illustrations au prix de 12 € + éventuels frais de port (6 €). Après le 15 juin 2021,le prix normal est de 16€. L’ouvrage sera disponible à Mirmande.

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