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Bienvenue

imagebienvenueL’Association Culturelle Marcel Légaut a pour mission de transmettre la pensée de  Marcel Légaut, un spirituel pour notre temps. Marcel Légaut (1900-1990), dont la particularité était d’associer la recherche spirituelle avec la vie communautaire.

Poursuivant cette approche, nous proposons chaque année des rencontres à la Magnanerie, située dans le village perché de Mirmande (Drôme).

L’œuvre de Marcel Légaut, habitée par une exigence d’authenticité humaine permet d’approcher les questions de l’existence que chacun se pose à un moment de sa vie.

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Edito mai 2018

          Aujourd'hui, j'ai rendez-vous avec moi-même

            et je vais sur mes terres, je les parcours, j'en repère la texture, les dimensions.

            Et j'y agrandis ma cathédrale intérieure,

            la poussant sur ses bases, la hissant vers ses voûtes...

    J'ai écrit sur ce thème de la « cathédrale intérieure » plusieurs années de suite, il y a maintenant plus de vingt ans,

à l'époque où je venais de découvrir la Magnanerie, et y faisais « mes débuts ».

Je suis vite entrée dans l'aventure (l'Aventure ? ) que portaient ces « rencontres », et qui les suscitait

en retour. Et ainsi, après avoir écouté ceux qui compagnonnaient là, revenant d'année en année

pour certains depuis très longtemps,  j'ai eu envie à mon tour de tenter de trouver des mots pour « 

dire » quelque chose de ce qui guidait, éclairait ma propre démarche, ma propre venue. Le langage

allusif, métaphorique m'est apparu le plus approprié car il m'évitait les deux écueils que sont le

« trop dire » ou le « trop taire » qui pénalisent tous deux toute vraie rencontre.

    EgliseIntrieureStylis1 Et maintenant, à l'aujourd'hui de ce jour, qu'en est-il pour moi de mes belles paroles, de mes

belles intentions ? Cette cathédrale intérieure que je tentais de me construire, que je disais me

construire, où en est-elle après plus de deux décennies ? Toujours debout ? Et l'ai-je vraiment

agrandie, un tant soit peu ? En largeur, longueur, hauteur, profondeur ? Ou seulement dans une

dimension plus que dans les autres ? N'ai-je pas été prétentieuse en tant que « jeune légautienne »

débutante ?  Mais une seule dimension, ne serait-ce que cela, c'est mieux qu'aucune, non ?

            Et je pense à la cathédrale de Beauvais avec son chœur si élevé qu'aucune nef n'a pu se

maintenir à cette hauteur. Je pense aussi à une petite église de Bourgogne (que de loin on pourrait

prendre pour quelque bâtiment agricole !), où une nef étroite et très « terrienne » ouvre sur un

chœur aérien plus de deux fois plus élevé  qu'elle, laissant au visiteur une impression durable de

vertige s'il en est, mais « vers le haut »...

            Et je me tiens à la croisée des transepts,

            passant par les bas-côtés, ou montant par la nef, selon.

            J'avance précautionneusement vers le chœur. Je ne m'y attarde pas.

            Et je me tiens là au creux du silence, dans cette demeure jamais achevée.

Ô que j'aimerais être fidèle à moi-même... au long de mes jours... Fidèle à cette invitation

(personnelle, de moi à moi adressée)  pour une pratique toujours à reprendre, vigilante, ouverte. Et

alors dans ce simple rendez-vous,

            peut-être resterai-je seule, peut-être m'accompagnerai-je,

            peut-être quelqu'un se tiendra-t-il au milieu de nous,

            de passage en cet instant ?

            Parfois «  ma cathédrale » c'est d'entrevoir celle des autres...

Mais le jour viendra-t-il où toutes ces images s'effaceront, et il n'y aura de vrai, alors, que le

« rendez-vous », ou seulement encore son désir, ou simplement le souvenir du désir, et cependant

Rien n'aura été vain, ni ne sera perdu ?

                                                                                                                         Anne Seval

Quelques nouvelles mai 2018

L’INTELLIGENCE DE SA MORT

L’homme à la recherche de son humanité.

Aubier- ChIV- p65, 66,67

La mort, contrairement à l’amour et à la paternité, n’est au bout d’aucun instinct.

                Pour nombre d’hommes, la paternité accomplie n’a même pas la consistance d’un mythe, car ils ne peuvent la concevoir à partir de ce que leur père a été pour eux et de ce qu’ils sont pour leurs enfants. La mort est encore plus étrangère à leur réflexion tant qu’ils ne la voient pas s’approcher d’eux de façon menaçante. Elle est cependant partout et sans cesse devant leurs yeux. Elle passe et repasse toujours plus près d’eux. Elle frappe non seulement l’inconnu anonyme, mais l’être avec qui ils ont beaucoup vécu. Pourquoi leur est il si difficile de porter réellement leur condition mortelle? Sans cette connaissance profondément vécue, l’homme ne peut être adulte.

               MLEcrivant Instinctivement, à partir de l’animalité, l’homme s’élève jusqu’au niveau où l’amour commence à se manifester dans son originalité humaine. La paternité charnelle quoique plus faiblement, le met aussi, quand il y correspond pas à pas avec fidélité, sur le chemin d’une paternité plus totale. La mort au contraire prend l’homme à revers et le laisse sans recours, muet et en suspens, devant l’abîme de l’impensable. Spontanément, le vivant se détourne d’elle et de tous les processus qui y conduisent. Sa sensibilité la refuse. La mort reste pour lui une abstraction. Il ne la conçoit que comme celle d’un autre, par un dédoublement de lui-même qui supprime ce qu’elle sera pour lui quand elle le concernera directement. La prise ce conscience par l’homme du fait qu’il mourra, l’acceptation réaliste de cet évènement qui transcende tous les autres, la compréhension des conséquences capitales  que cela comporte dans sa vie, l’intelligence  du sens de sa propre mort exigent une vitalité spirituelle vigoureuse et ne se produisent qu’aux instants exceptionnels de lumière. Elles ne peuvent naître qu’en la partie la plus recueillie, la plus réfléchie de son humanité. Elles sont hors d’atteinte quand l’homme fonde sa réflexion exclusivement sur l’expérience brute au niveau des évidences et des émotions, des actions et des réactions, quand il se refuse aux recherches plus personnelles qui sont exigées de chacun pour s’entrevoir dans sa totalité.

                La société, en l’occurrence, n’est d’aucun secours. Tout au contraire, elle pèse sur ses membres et les distrait d’une telle connaissance qui prélude au déclin de son règne sur eux. Quand la mort s’approche, la société s’écarte, elle abandonne l’homme et le laisse à lui-même dans une solitude où elle n’a pas accès. Quand elle parle de la mort, ce n’est que statistiquement ou d’une façon générale et abstraite. Quotidiennement, elle étouffe les pleurs et les cris qui l’accompagnent sous le bruit de ses activités et des promesses, voire de son éloquence. Elle passe sur le corps des morts, s’en sert quand cela lui est possible, et, imperturbable, continue son chemin.

                Ni l’animalité, ni la société ne portent l’homme à se penser mortel. Elle le confinent dans une insouciance et une ignorance protectrices. Il est remarquable au contraire que l’amour et la paternité l’y prépare.                         

                                                                                                                                                             …/…