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Bienvenue

imagebienvenueL’Association Culturelle Marcel Légaut a pour mission de transmettre la pensée de  Marcel Légaut, un spirituel pour notre temps. Marcel Légaut (1900-1990), dont la particularité était d’associer la recherche spirituelle avec la vie communautaire.

Poursuivant cette approche, nous proposons chaque année des rencontres à la Magnanerie, située dans le village perché de Mirmande (Drôme).

L’œuvre de Marcel Légaut, habitée par une exigence d’authenticité humaine permet d’approcher les questions de l’existence que chacun se pose à un moment de sa vie.

Edito février 2018

                    « Attente et attention » :
   
    Deux simples mots à même de constituer un programme annuel d’existence. On les retrouve dans Le chant du monde est là, testament spirituel de René Lenoir, grand  fonctionnaire de l’État connu pour son livre-enquête Les exclus, (1974) et qui vient de mourir en décembre dernier.
    Faire attention :  ne pas se disperser dans l’indifférence, concentrer son regard intérieur et se rendre capable de voir le détail comme l’ensemble. L’attention était pour la philosophe Simone Weil, la clef de toute étude et la condition de la prière. Rien ne lui paraissait aussi formateur que le sens du détail acquis en géométrie, en version latine ou en orthographe. Elle valorisait l’occupation précise qui unifie autour du travail  ou de la pièce de musique à interpréter ou à écouter. Chaque matin, renouveler son attention au présent. S’inviter, du coup, à être ‘’présent au présent’’.
    Homme et pigeon Venise1
    L’attente constitue une posture différente et complémentaire. Elle peut être aussi intense que l‘attention et demeure essentiellement une préparation, une simple disposition, un laisser-être.  Elle se veut une mise-en-paix de soi-même qui évite arrogance et tension et rendre possible ce ‘’neuf’’ capable d’advenir et pourtant in-attendu. La patience dispose à une vision  nouvelle qui vous advient sans crier gare. L’inattendu est de cet ordre : quand on ne l’attend plus, mais qu’on s’y est disposé.
    L’inattendu d’un visage politique plus jeune qui vient secouer un ordre  convenu, mélange d’arrivisme et de combine. La jeunesse bouscule.
    L’inattendu du Pape François qui vient défaire de tous les populismes frileux : « le seul homme de gauche sur la scène internationale » a-t-on pu écrire !
    L’inattendu des figures médiatiques qui curieusement, le temps d’un week-end d’Avent  font rentrer des millions de personnes dans  un climat de mystère et de profondeur silencieuse.
    Lors de la parution des prix littéraires de l’automne, l’inattendu de la qualité humaniste  et spirituelle de Bakhita, le roman de Véronique Olmi et l’attrait de Tiens fort la couronne de Yannick Haenel.
    L’inattendu, enfin, de ce travail de trois jeunes universitaires  faisant paraître un « Plaidoyer pour un nouvel engagement chrétien » (Bayard, 2017) qui ne manque pas d’allure. L’un d’entre eux, Jean-Victor Élie passera une journée à la Magnanerie à Pâques prochain. Autour de la transmission. Vers quel inattendu ?
    Relisant « Le chant du monde est là » de René Lenoir. Ce grand commis de l’état, retiré en Aquitaine, vivait désormais dans une attente de la lumière,  à la fois détaché de toute croyance et ouvert à la beauté indicible. Selon le mot de Simone Weil qu’il cite en finale de son livre : «  Ainsi aimons-nous la beauté du monde, parce que nous sentons derrière elle la présence de quelque chose d’analogue à la sagesse que nous voudrions posséder pour assouvir notre désir du bien. »

                            Joseph Thomas    

Quelques nouvelles février 2018

MEDITATION avec Marcel Légaut - La Messe

Relativiser tout ce qui nous a été donné jusqu’à présent comme sacré, c’est un énorme pas qui n’est pas à conseiller à tout le monde. Moi, je suis parti d’un monde sacré et pendant très longtemps j’ai cru que ce sacré n’avait qu’à se développer harmonieusement avec les fidélités des membres de l’Eglise, pour que d’une certaine façon il se perpétue. J’ai peur qu’actuellement, les fidélités qui nous sont demandées soient nécessaires mais elles nous conduiront à des événements qui, vus du dehors, apparaîtront comme des catastrophes. Au fond, quand je dis « relativiser le sacré », cela veut dire que nos évangiles, les épîtres pauliniennes, enfin tous les écrits que nous avons considérés comme le point de départ ne sont que des approximations limitées, très marquées par les temps et les lieux, d’une réalité que chacun a essayé d’approcher mais qu’il n’a pas atteinte. De sorte que se manifeste, si vous acceptez la relativité, un abîme entre ce que nous dit Jésus et ce qu’il a été. D’autre part, qu’est ce qu’il a été si nous ne partons pas de ce qu’on a dit de lui? Ce qui suppose de notre part un cheminement personnel qui est à nos risques et périls et qui, par certains côtés va dans la nuit, oui, dans la nuit. Si cela ne peut pas être, rien ne peut être pour moi car j’avoue absolument abandonner l’idée, ce qui n’était pas tellement vrai jadis, d’une sorte de religion de l’humanité comme Loisy a pu en parler ou une religion du progrès humain comme Teilhard l’a fait. Je ne puis plus du tout entrer dans les perspectives qu’ont eues jadis nos anciens pour comprendre ce que Jésus a vécu. Or la messe est précisément une conséquence de ça. Une ressource existe tout de même, une petite ressource. Le meilleur du christianisme, voyez-vous, c’est son paganisme, c’est à dire cette religion viscérale qui se trouve au coeur de chacun qui fait que lorsque nous sommes atteints dans nos oeuvres vives, nous avons un sursaut qui se manifeste sous une forme ou sous une autre, à la fois de révolte et de vitalité qui bouleverse toutes les idées, toutes les théories qu’en temps normal les théologiens font. Nous sommes face à l’abîme. Au fond, si le christianisme a demeuré ce n’est pas grâce à ses doctrines, les chrétiens les ignorent, c’est à cause de cette religiosité viscérale qui nous habite au plus profond, disons dans les tripes. Le christianisme l’a utilisé dans ses cérémonies. Lorsque nous allons à une belle cérémonie, visitons une cathédrale, ce n’est pas le christianisme dans son originalité propre que nous approchons mais cette religiosité viscérale. Nous la trouverions sans doute dans d’autres religions sous des formes vraisemblablement fort différentes vu que les univers mentaux sont différents. C’est la base sur laquelle nous avons à construire, comme nous avons à construire sur nos instincts fondamentaux quitte à savoir que ces instincts fondamentaux viennent d’une singulière jungle parce que c’est à partir de ça que humainement parlant, en les spiritualisant, en les humanisant, on arrive à quelque chose de spirituel, voyez-vous, alors voilà l’idée.

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